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J’ai peu à peu réussi à discuter avec les gens, au quotidien, mais c’est tout autre chose d’incarner un homme comme Pablo Escobar et de le faire parler dans sa langue maternelle sans que cela ne s’entende! Comment cet apprentissage vous a-t-il permis de rentrer dans votre personnage? Envoyez à un ami. Je ne crois pas. Et préparez vos photos pour notre mur d’images! Il aimait sa femme, et c’était un bon père — j’ai découvert un enregistrement fascinant où il lit des histoires à sa fille, en prenant des voix enfantines.

Nom: narcos vostfr planet serie
Format: Fichier D’archive
Système d’exploitation: Windows, Mac, Android, iOS
Licence: Usage Personnel Seulement
Taille: 46.64 MBytes

Le KGB de Cali 3 Il y a des Mexicains, des Chiliens, des Américains… Ce caractère international a-t-il une incidence sur la série? J’ai beaucoup écrit sur la politique. Peut-être cela m’a-t-il permis de porter un regard différent sur Pablo Escobar. Pendant des années, j’étais connu uniquement pour les films Troupe d’élite , qui ont cartonné au Brésil.

Sa moustache a laissé place à une barbe de trois jours, son embonpoint a disparu et avec lui son accent hispanique, mais Wagner Moura jure que Pablo Escobar le suit comme son ombre. Pour devenir Escobar, il s’est installé en Colombie, a appris l’espagnol, pris du poids, et tâché de laisser ses émotions, sa compréhension intime de ce personnage terrifiant, guider son interprétation.

Nous avons pu en discuter avec lui, lors de son passage à Paris en juillet dernier. Vous êtes brésilien et vous incarnez l’un des plus célèbres Colombiens de l’histoire. Ça vous a aidé, d’être un outsider? Ça a été très difficile. J’ai été très souvent critiqué, non seulement parce que je ne suis pas colombien, mais aussi parce que l’espagnol n’est pas ma langue maternelle.

Peut-être cela m’a-t-il permis de porter un regard différent sur Pablo Escobar. L’histoire de la Colombie est divisée en deux périodes, avant Pablo, et après Pablo. Les Colombiens sont profondément immergés dans ce contexte, ils le connaissent bien mieux que moi, mais ont moins de recul.

Vous n’êtes pas le seul étranger sur le tournage de Narcos. Il y a des Mexicains, des Chiliens, des Américains… Ce caractère international a-t-il une incidence sur la série? Personnellement, j’ai toujours regretté l’isolation culturelle du Brésil, qui est historique. La culture hispanique autour de nous est incroyablement riche, mais nous ne nous ouvrons pas assez à elle.

Quand j’ai débarqué sur le tournage, j’ai rencontré la crème des comédiens mexicains, argentins, colombiens, chiliens… dont je n’avais jamais entendu parler. Pour la première fois de ma vie, je me suis senti américain du Sud, partie de quelque chose de plus grand que le Brésil.

Il y a autre chose qui connecte les Brésiliens, les Colombiens, les Mexicains ou les Boliviens, c’est le trafic de drogue. Aujourd’hui, le Mexique est devenu un narco-Etat comme l’était la Colombie il y a trente ans. Wagner Moura a dû apprendre l’espagnol et prendre beaucoup de poids pour jouer le rôle de Pablo Escobar. Comment cet apprentissage vous a-t-il permis de rentrer dans votre personnage? Apprendre une langue à quarante ans est un enfer. J’ai emménagé en Colombie avec mes enfants pour préparer le rôle, et en trois mois leur espagnol était meilleur que le mien.

J’ai peu à peu réussi à discuter avec les gens, au quotidien, mais c’est tout autre chose d’incarner un homme comme Pablo Escobar et de le faire parler dans sa langue maternelle sans que cela ne s’entende! Avez-vous cherché à imiter sa voix, son accent, en écoutant des enregistrements, par exemple? Mon accent brésilien aurait fini par percer ici ou là, et ça aurait été ridicule.

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C’est aussi une décision artistique globale de Narcos de ne pas demander à des comédiens venus des quatre coins de l’Amérique latine d’imiter les accents de leurs personnages.

Nous avons visé, au contraire, une sorte d’accent hispanique le plus neutre possible. Je ne cesse de le répéter, mais je suis une énorme erreur de casting pour Narcos.

Je suis brésilien, je ne parlais pas espagnol… et j’étais extrêmement maigre au lancement du projet. Je ne me serais jamais choisi pour ce rôle! Pablo était gras, il m’a donc fallu grossir. J’ai mangé et mangé encore, mais je n’ai jamais pu atteindre sa corpulence — il y a une limite à ce que vous pouvez faire endurer à votre corps.

J’ai donc fini par porter un faux ventre à la fin de la saison 1 et en saison 2, une prothèse qui m’a contraint à marcher le ventre en avant.

Qu’en est-il de l’importance de votre implication physique, plus généralement? J’ai lu que vous aviez suivi un entraînement militaire très brutal pour le film Troupe d’élite. Avez-vous besoin de vous faire violence, d’une façon ou d’une autre, pour entrer dans vos rôles?

Je finis toujours par me faire du mal, mais je ne le fais jamais consciemment. Je ne décide pas arbitrairement que mon personnage va marcher comme ceci ou comme cela. Je me mets à bouger naturellement comme il semble devoir le faire. Ça vient toujours de l’intérieur, et ça se déplace vers l’extérieur. Ceci étant dit, j’adorerais faire comme ces acteurs qui doublent de volume pour jouer un boxeur. L’autre jour j’ai regardé La Rage au ventreavec Jake Gyllenhaal.

J’aimerais tellement pouvoir transformer mon corps et ressembler à ça! Devez-vous l’incarner comme un être tout-puissant? La saison 2 de Narcos parle justement de cela, et détruit peu à peu cette vision du personnage.

L’homme fort apparaît en saison 1. Cette nouvelle saison est l’histoire de sa chute. Tout le monde, même quelqu’un d’aussi puissant que Pablo, finit par craquer.

Narcos – Une légende, sinon rien | Le Monde Des Séries

Et c’est fascinant de saisir ce moment de bascule, cette rupture existentielle. Un personnage de fiction est toujours un mélange de faits, de ce qui est écrit sur lui — par l’Histoire ou par un scénariste — et de vous-même. Je ne comprends pas ces comédiens qui prétendent dissocier intégralement un rôle de leurs propres émotions. C’est un personnage, bien sûr, mais je ne l’invente pas, il vient de moi, de ma vie, de mon être.

Je dois m’écouter, creuser en moi pour trouver la façon dont je réagirais dans les situations qu’affronte Escobar. Jouer dans Narcos m’a contraint à m’aventurer dans les recoins les plus sombres de mon âme.

Je ne savais rien sur lui avant de commencer ma préparation. C’était un type complexe, certes mauvais mais charismatique, drôle, intéressant, capable d’une vraie sensibilité et de moments de tristesse. Il aimait sa femme, et c’était un bon père — j’ai découvert un enregistrement fascinant où il lit des histoires à sa fille, en prenant des voix enfantines.

Ça aurait été une erreur de jouer Pablo le capo, le mafieux brutal et sans nuance. C’était aussi une figure politique, un héros du peuple, en un sens. Qu’en faire dans Narcos? La Colombie est, politiquement, un pays extrêmement complexe, déchiré entre les guérillas, les trafiquants, les paramilitaires… Encore aujourd’hui, si vous allez dans le quartier que Pablo a fait construire, des rues où le gouvernement n’allait pas, à l’époque, vous trouverez certains de ses admirateurs.

Je ne peux pas juger quelqu’un reconnaissant à ce bienfaiteur d’avoir offert une maison à sa famille. Mais l’essentiel de la Colombie, plajet est un pays moderne, avec une élite intellectuelle brillante, n’est pas dupe. Escobar était un milliardaire, populiste, qui se rêvait en patron de la Colombie.

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On trouve quelques-uns de ces personnages dans la vie politique actuelle….

Narcos – Une légende, sinon rien

Ils sont particulièrement présents en Amérique du Sud, où les citoyens sont souvent vulnérables, faiblement éduqués. Ils font du clientélisme, font construire des écoles ou des maisons, s’occupent du peuple le temps des élections, puis passent à autre chose.

Vous avez fait des études de journalisme. Incarner un personnage bien réel comme Pablo Escobar, est-ce mener une forme d’investigation? En un sens, oui. C’est dur de dire si c’est un calcul rationnel ou une réaction naturelle.

Je n’ai pas été journaliste depuis près de vingt ans, mais j’ai adoré cette période de ma vie. J’ai beaucoup écrit planft la politique. Ce n’est pas gâcher le plaisir du spectateur que de dire que Pablo va mourir au terme de cette saison 2. L’histoire est ainsi faite…. Pablo était un homme intelligent. Il a compris qu’il allait mourir. C’était un guerrier, il s’est donc ssrie jusqu’au bout. Il n’a jamais baissé les bras. Son dernier combat a été de faire sortir sa famille du pays.

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J’ai appris assez vite qu’il faudrait que je revienne, parce que l’histoire n’était pas complète à la fin de la première saison, et qu’on ne pouvait pas escamoter la mort d’Escobar. Pablo n’en est que le commencement. L’idée de Narcos a toujours été de raconter l’histoire du trafic de drogue. Il y a tellement d’autres choses passionnantes, dingues à raconter, serir j’ai lues quand j’ai étudié la question.

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Le narcso de Cali à lui seul peut porter la série. Donc, j’espère que Narcos continuera. Ça a été une expérience majeure dans ma vie, culturellement, émotionnellement, politiquement. Hormis Hamletque j’ai joué pendant trois ans au Brésil il y a quelques années, Escobar est le rôle vlstfr lequel j’ai passé le plus de temps. C’est difficile de dire ce que j’ai appris grâce à lui. Tout ce que je sais, c’est qu’après ça, je dois faire une pause dans ma vie d’acteur.

Je vais réaliser un film, mais il me faut attendre avant de jouer à nouveau. Pablo est encore en moi, dans mon esprit et dans mon corps.

Je dois continuer de perdre du poids, et retourner vivre au Brésil, me reconnecter avec ma culture. Le succès à l’international de la série pourrait pourtant vous ouvrir pas mal de portes, notamment à Hollywood…. Je n’ai pas besoin d’être à Los Angeles pour travailler là-bas… J’espère que ma carrière va s’internationaliser, que je vais pouvoir travailler aux Etats-Unis bien sûr, mais maintenant que je parle espagnol, je peux aussi tourner au Mexique, en Argentine ou en Espagne!

Pour être honnête avec vous, je n’ai pas encore ressenti l’impact de Narcos sur ce plan-là… Quoi qu’il en soit, la situation politique au Brésil est catastrophique, le pays est divisé, nous traversons un moment très difficile.

Je ressens le besoin d’être à Rio, de m’impliquer. Le long-métrage que je prépare se tournera là-bas. C’est un film politique, sur Carlos Marighella, le leader d’une guérilla communiste, figure de la résistance durant la dictature militaire brésilienne.